 Cassilmena L ile de la derniere chance |
| | Méandres de l'oubli [PV Sayuki] [Fini] | |
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Nell ~ Apprenti Méthamorphe ~


   Age : 16 Inscrit le : 24 Juin 2008 Messages : 199 Âme(s) soeur(s) : Inutile, je me suffis à moi-même Camp : . . .
| Sujet: Méandres de l'oubli [PV Sayuki] [Fini] Ven 27 Juin - 19:14 | |
| « Deux de mes jours comptés ne me tourmenteront jamais : hier, déjà oublié, demain, dont je n'ai nulle envie. »
[Omar Khayyâm] Les savants philosophent
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Lorsqu’il reposa ses yeux sur elle, elle lui semblait plus triste qu’au moment où son regard l’avait quittée. Son visage affichait une mélancolie qu’il ne comprenait pas et il se remémora chacune de ses paroles pour déceler un mot quelconque qui aurait pu froisser la jeune femme. Seulement, il ne se souvint pas avoir enfreint l’une des règles de ce protocole que chacun connaissait et que l’on nommait couramment, la politesse, et cette constatation ne le préoccupa que plus. Si la tristesse ne fanait en rien sa beauté, il la préférait avec ce doux sourire qui avait su le réchauffer quelques secondes plus tôt. Il n’arrivait pas à envisager la possibilité que ce visage puisse être un jour ravagé par les larmes d’une angoisse qu’elle aurait cachée bien trop longtemps derrière des lèvres qui dessinaient sans cesse le plus merveilleux des sourire. Elle était, pour lui, semblable à la Vénus de Milo dont la beauté ne devait jamais se flétrir, éternelle. Ses yeux émeraude l’attiraient inexorablement, rendant ses pensées confuses et incompréhensibles. Sa seule envie était de les croiser accidentellement à nouveau et de ne plus les lâcher. Il refusait de laisser s’enfuir ces deux pierres précieuses qui reflétaient si bien la profondeur de sa gentillesse qu’il avait déjà devinée. Elle ne devait pas le troubler ainsi. L’interdiction qu’il s’était lui-même posé le ramenait sans cesse en arrière. Il avait la désagréable impression d’être face à l’une de ces étoiles qui scintillent dans le ciel à qui l’on peut confier tous ses maux, mais qu’il est impossible de saisir. L’on avait beau tendre désespérément la main pour tenter de les toucher, elles se maintenaient hors de notre portée. Sauf que cette fois-ci, ce n’était pas l’étoile qui conservait fermement la distance, c’était lui et les barrières invisibles qui entravaient son esprit.
Elle l’entraîna derrière elle vers un hôtel. Dans sa course, il trébucha, essayant de masquer au mieux son visage. Sa propre apparence le dégoûtait et il ne désirait pas être vu aussi misérable. Ce ne fut néanmoins pas cela qui l’empêcha de goûter au plaisir de la découverte d’une nouvelle ville. Les boutiques s’ouvraient une à une pour laisser entrer des clients avides, prêts à dépenser sans compter leur argent. Des femmes au maquillage prononcé entraient chez un coiffeur pour en ressortir métamorphoser et se vantant de leur nouvelle coupe. Elles y retournaient tous les jours pour une mise en plis, lorsqu’elles ne possédaient pas tout simplement leur propre coiffeur qui venait à domicile et pour qui elles dépensaient des sommes faramineuses, fières d’être aussi riches. C’étaient elles qui égayaient les salons et l’on reconnaissait sans peine celle qu’il fallait toujours inviter sous peine d’être renvoyé de ce cercle fermé qu’était l’aristocratie. C’était un monde à part dans lequel il n’avait jamais voulu entrer. Les soirées mondaines et autres réceptions étaient, pour lui, d’un ennui mortel. Il était tellement mieux et plus facile de rester dans une simplicité des plus agréables, prendre un repas composé de mets exquis, mais qui restait dans une certaine norme. S’asseoir à une table ronde et petite était beaucoup plus amusant que d’être éloigné par dix kilomètres de plats et décorations de la personne avec qui l’on déjeunait. Nell eut un petit rire en passant devant ces dames de bonne famille et l’une d’elles le regarda d’un air hautain tout en scrutant sa tenue et son allure d’un air peiné. Sûrement qu’il déclenchait en elle une pitié que seuls les riches savaient entretenir. Cette pitié plate et froide que le rang et la richesse permettent de conserver. C’était lorsque l’on regardait une personne d’un air triste, se disant qu’elle avait besoin d’aide, mais sans se porter à son secours. Cet apitoiement faisait beaucoup rire le jeune homme lorsqu’il le croisait au détour d’une ruelle. Il était plaisant de voir ces grandes dames passer indifféremment devant des mendiants, l’air tristre, tout en se pavanant, dévoilant un collier ou un bracelet pouvant nourrir une famille entière pour plusieurs années.
L’hôtel apparut alors à ses yeux. C’était un bâtiment qui lui plut dès le premier coup d’œil. Il ne se « vantait » pas. On devinait qu’il possédait des chambres de très hautes qualités, mais également d’autres chambres, plus modestes, celles qui convenaient à ce jeune homme pas très difficile sur les choix qu’on lui imposait. Il laissa Sayuki se charger de lui obtenir une chambre avant de penser à l’argent. Il en avait. Il n’avait pas encore dépensé l’énorme bourse que lui avait confiée le vieil homme, refusant jusqu’alors de vivre aux dépens du manoir qu’il souhaitait plus que tout oublier. Il avait réussi à subsister en mettant en pratique ses talents de musiciens ce qui lui permettait de gagner assez pour pouvoir vivre. Il appréciait cette vie sobre, mais il se rendait compte qu’il allait lui falloir piocher un peu dans ces réserves qui lui faisaient tant horreur pour ne pas devenir une charge pour la jeune femme.
Celle-ci revint vers lui, lui tendant des clés argentées avant d’afficher une expression des plus singulières. Il ouvrit la bouche, prêt à parler, mais elle partit trop rapidement pour qu’il ait le temps d’émettre le moindre son. Allait-elle revenir ou était-elle définitivement partie ? Il regarda tristement les cheveux cendres disparaître et tourna le dos à ce qu’il considérait désormais comme son passé. En se dirigeant vers la chambre, Child entreprit de lui expliquer pourquoi il devait impérativement passer avant lui à la douche. D’abord parce qu’il était de roi, ensuite, parce que, de tous les deux, c’était très certainement lui qui se sentait le plus sale. Il daigna cependant promettre qu’il resterait cinq minutes de moins que le temps qu’il passait habituellement sous la douche, au grand soulagement de Nell qui désespérait déjà à l’idée de rester une heure de plus avec cette crasse sur le visage.
Il ouvrit la porte et Child sauta de son épaule pour s’enfuir dans la salle de bain, appelant le jeune homme qui était resté estomaqué sur le pas de la porte, émerveillé par cette chambre aux allures de contes de fées. Un lit aux draps bleutés, lui rappelant la robe que portait sa bienfaitrice s’étendait sur une partie de la pièce. Des deux côtés attendaient sagement deux tables de nuits, un bureau se tenait tranquillement dans un coin et un placard était légèrement entrouvert dans lequel pendaient quelques cintres qui patientaient, espérant que l’on se serve d’eux. Nell en prit un, suspendant sa veste, seule rescapée de son voyage et referma le placard avant de se diriger dans la salle de bain où Child pestait, lui reprochant sa lenteur. Il alluma le robinet et rempli le fond de la baignoire, assez pour que l’animal puisse totalement s’immerger, mais pas gardant néanmoins une certaine marge pour éviter qu’il ne se noie. Il attrapa négligemment un des nombreux savons et en versa le contenu dans la baignoire. Après quoi, il empoigna son compagnon de voyage et le jeta sans ménagement dans l’eau chaude où celui-ci poussa un soupir d’aise.
« Merci bien. Tu peux t’en aller, je t’appellerai dès que j’aurai fini. »
Levant les yeux au ciel, Nell sortit de la salle de bain et laissa la porte entrouverte derrière lui pour ne pas manquer l’appel de la bestiole qui barbotait dans l’eau. Une fois seul, il se précipita vers le balcon dont il ouvrit hâtivement la porte-fenêtre. Devant lui s’étendait à présent les rues commerçantes qui, peu à peu, devenaient noires de monde. Chacun s’interpellait. Certains riaient très fort, d’autres affichaient une mine grognonne, ou encore des mimiques qui firent rire le spectateur de cet immense théâtre qu’était la vie. Il aperçut une petite fille qui pleurait, aidée d’une femme, à la recherche de sa mère qu’elle avait perdue, la mère en question avait repéré son enfant et se dirigeait vers elle. Les larmes se tarirent et la fillette retrouva son sourire dès qu’elle l’aperçue, se jetant dans les bras de sa mère avec un « Maman ! » qui fit frissonner le jeune homme. Maman ? Pour lui, une mère n’était qu’une femme qui profitait du statut de son enfant pour son enrichissement personnel. Une mère ne représentait rien. Il n’y avait pas de liens réels entre une mère et son enfant, sinon celui du sang. Maman… Ce simple mot le glaçait d’effroi et lui donnait envie de vomir. Maman, c’était bien anodin, trop innocent. Il fallait être bien naïf pour le prononcer ainsi sans se soucier des répercussions qui, tôt ou tard, surviendront dans le futur. Il n’avait pas la conception d’un foyer heureux. Il n’arrivait pas comprendre la subtile relation qui liait les membres d’une même famille. Il ne regarda pas plus longtemps cette retrouvaille qui paraissait enchanter ces deux protagonistes, mais qui réveillait la colère qui grondait au fond de lui et rentra dans la chambre où il fut accueilli par le cri perçant de Child qui lui déchira les tympans. À en entendre les cris d’agonie que poussait l’animal, cela devait faire longtemps qu’il l’appelait. Un rire silencieux le secoua alors qu’il se dirigeait vers la salle de bain pour sortir son compagnon de son calvaire. En le sortant de l’eau, il le fourra dans une serviette et le déposa sur le lit avant d’occuper à son tour la pièce.
Il vida la baignoire et se déshabilla, pliant ses vêtements pour les déposer dans la poubelle située sous le lavabo. Il entra dans la douche. Le jet d’eau dégringola sur son visage, retirant la saleté qui s’y était accumulée. Il ferma les yeux et, la seule image qui jaillit dans son esprit fut ces deux yeux verts qu’il venait de quitter. Pourquoi ne l’avait-il pas encore oubliée ? Cela ne prenait pas autant de temps normalement. Il n’y avait pourtant plus pensé, alors pourquoi ? Peut-être que, pour la première fois, son cœur espérait plus qu’une simple connaissance. Peut-être qu’il ressentait de la sympathie pour cette femme qui lui avait porté secours sans lui demander quoi que ce soit en retour. L’amitié… C’était trop compliqué comme sentiment pour qu’il parvienne à accepter le fait qu’il désirait créer ce lien avec la jeune femme. Il voulait être son… Ami ? N’importe quoi. Voilà qu’il délirait à présent. Une douce odeur l’envahit. La saleté était partie, il sortit de la baignoire et se posta devant le miroir, plongeant son regard dans son reflet. Ses cheveux avaient repris leur couleur sable, sa peau blanche avait légèrement bronzé sous l’effet du soleil et la lave de ses yeux continuait de couler avec assurance. Rien n’avait changé, alors pourquoi ? La porte s’entrouvrit légèrement pour laisser passer une boule de poils blanche qui transportait des vêtements propres. Intrigué, il les saisit et jeta un coup d’œil à Child.
« Je ne les ai pas volés, c’est Sayuki qui les a apportés ! Il y a aussi à manger, si tu veux… »
Et la créature repartit. Nell referma la porte et enfila les vêtements. Il se sentait propre et cette sensation lui plaisait au plus haut point. La jeune femme était revenu, il pouvait maintenant discuter convenablement avec elle sans craindre de la gêner. Discuter ? Non, non, ça n’allait pas ! Il se laissait trop aller. Discuter signifiait faire connaissance, faire connaissance signifier se souvenir, se souvenir signifiait… Tisser un début de relation. Il devenait bien trop entreprenant, il allait devoir se surveiller plus sérieusement au risque de tomber dans un piège qui se refermerait sur lui sans qu’il s’en aperçoive… À moins qu’il ne soit déjà trop tard… Il plaça une serviette autour de sa nuque pour empêcher ses cheveux qui n’étaient pas tout à fait secs de mouiller la chemise et se décida à sortir.
Il posa ses doigts sur la poignée qu’il tourna. Lorsque le battant eut fini de s’ouvrir, il l’aperçut, assise sur le lit, à côté de Child qui dévorait l’un des pains qu’elle avait apportés. Il devait s’avouer qu’il était content qu’elle soit revenue.
« Je suis désolé pour les dépenses… Je… Je vous rembourserai. »
Maintenant qu’il n’était plus sale, il ne savait quoi dire. Il s’avança vers le bureau dont il prit la chaise pour la placer à côté du lit et s’asseoir dessus. Il craignait que son manque de conversation ne fasse partir Sayuki, aussi, la chaise avait été placée entre la porte et le lit, de telle sorte qu’il pourrait sans peine la retenir si elle décidait de s’en aller.
« Merci pour le pain ! »
S’exclama Child, tout heureux d’avoir le ventre plein. Cet animal venait de plus prononcer le mot « merci » en l’espace de deux heures que durant tout le temps où il avait été avec lui. Si Nell appréciait de découvrir cette soudaine politesse qu’il ne lui connaissait pas, il ne pouvait cependant s’empêcher de bouder à l’idée que ce privilège ne lui serait jamais accordé. Il passa l’une de ses mains dans ses cheveux en soupirant, regrettant d’être une exception. Ses yeux, après avoir effectué un nouveau panoramique de la chambre qui, décidément, lui plaisait beaucoup, se posèrent sur ces deux émeraudes qu’il avait tant cherchées à éviter. Il eut un léger sourire, s’abandonnant une fois de plus dans cette calme et apaisante clairière. Juste une fois, rien qu’une fois de plus et après, promis, il tâcherait de ne plus commettre cette erreur.
Dernière édition par Nell le Lun 25 Aoû - 22:33, édité 4 fois |
|  | | Sayuki


   Age : 16 Inscrit le : 21 Avr 2008 Messages : 1194 Âme(s) soeur(s) : ~ L'amour est quelque chose de bien confus ~ Camp : ~ La lumière me guidera toujours ~
| Sujet: Re: Méandres de l'oubli [PV Sayuki] [Fini] Ven 27 Juin - 21:18 | |
| Quand l’elfe lui dévoila la nourriture, Child parut tout heureux ! Il en prit un sans tarder et commença à l’engloutir. Néanmoins, il regarda les nouvelles affaires de Nell, délicatement posé sur le lit. Sayuki perçut dans ses pensées qu’il ferait mieux de les apporter à son « serviteur ». La reine eut un léger sourire mais heureusement la petite bestiole ne s’en aperçue pas, elle aurait sûrement trouvé ca étrange sinon… L’animal abandonna alors son morceau de pain à moitié entamé puis alla apporter les affaires à son maître. Il revient dès qu’il eu finit puis reprit son pain qu’il attaqua comme s’il n’avait pas mangé depuis des jours ! L’elfe se dit qu’elle avait bien fait d’en prendre un de plus, avec un tel appétit, un deuxième pour l’un des deux ne serait pas en trop. La jeune femme se laissa alors aller dans la contemplation de la chambre. Elle était bien jolie, tout dans les tons bleutés. Elle était simple, mais cependant il n’y avait aucune erreurs de goût, et il y avait le strict minimum, mais de quoi vivre convenablement. Un bureau était présent, accompagné d’une chaise, et on y retrouvait également une armoire, déjà remplis de quelques cintres. Le lit avait l’air assez confortable, elle espérait que cela suffirait pour apaiser le jeune homme qui avait eu un long trajet et qui avait sûrement besoin de repos. Elle se demanda alors ce qu’elle faisait encore ici…
Elle le dérangeait sûrement, celui-ci avait besoin d’être seul pour pouvoir se reposer convenablement, et voilà qu’elle jouait le rôle de boulé. De plus, si elle s’en était aux pensées du jeune homme, celui-ci l’avait certainement déjà oublié. Elle imaginait d’avance sa surprise en la découvrant assise sur le lit… L’angoisse commençait peu à peu à s’emparer d’elle. Elle ne voulait pas être de trop, et en l’occurrence, elle l’était. Cependant, ses désirs prenaient le dessus sur sa raison… Elle ne voulait pas partir, pour une raison bien étrange d’ailleurs, elle avait envie de revoir ce mystérieux jeune homme qui l’intriguait énormément… Elle voulait le voir propre. Elle avait déjà était touché par son charme et par sa beauté alors qu’il n’était pas dans son meilleur état, alors elle voulait le voir à présent… C’était certes égoïste de ne penser qu’a son petit plaisir plutôt qu’au besoins des autres, mais la jeune femme était si peu souvent égoïste, elle pouvait bien se le permettre pour cette fois ci non ? Juste une fois, elle ne recommencerait pas de toute manière… Elle attendrait qu’il soit sortie, lui donnerait les pains, et repartirait aussi vite qu’elle était venue. Et elle serait alors oubliée… Quelle triste fin. Mais tout ne pas toujours ce finir bien.
Le grincement de porte la sortit de ses pensées, et elle porta son attention sur celle-ci qui était en train de s’ouvrir. Quand elle dévoila Nell, Sayuki resta sans voix. Elle plongea ses yeux émeraude, dans ceux ocre du jeune homme. Elle ne pouvait à présent plus s’en défaire. Cet or était tellement coulant, tellement brûlant et vif… Elle aurait pu plonger sa main dans cette rivière doré, et elle n’aurait rien pu retenir, la lave sur aurait coulé entre les doigts. C’était une beauté inaccessible, quelque chose qu’elle n’aurait jamais et auquel elle devait renoncer sur le champ. Elle du cependant ce forcé à remonter à la surface de cette rivière d’or pour regarder le reste. Elle ne fut pas déçut. Sa beauté était encore plus saisissable maintenant qu’il n’était pas crasseux. Ses cheveux de blés était soyeux, et paraissait d’une douceur extrême. Sa peau était légèrement bronzée, et elle n’y voyait aucune imperfection. Les habits qu’elle lui avait achetés lui allaient à ravir, par chance. Elle avait un peu hésité pour la taille à prendre. Mais elle avait apparemment eu une main chanceuse. Sayuki lut dans ses pensées qu’il était content qu’elle soit revenue. Cette nouvelle bien que très surprenante procurant un immense plaisir à la jeune femme, et lui arracha un sourire. Elle n’aurait jamais pensé qu’il puisse être content, qu’elle, celle qu’était pourtant déjà oubliée, revienne. Mais c’était une agréable surprise, des surprises que Sayuki aimerait avoir plus souvent. La première chose qu’il lui dit fut qu’il était désolé pour les dépenses et qu’il la rembourserait. L’elfe en fut presque outré et s’empressa de répondre :
« Oh non, ce n’est pas la peine, ne vous en faîte pas, il n’y à aucun gène à avoir. »
Il était vraie qu’elle le voulait absolument pas qu’il lui rembourse quoi que se soit. Il venait d’arriver et il n’avait pas encore eu le temps de bien s’établir ici. Ce n’était qu’un service que lui rendait la jeune femme, dans toute sa générosité. Tout ceci était bien normal. Elle ne lui avait pris la chambre d’hôtel que pour une nuit, elle espérait que s’il désirait rester plus longtemps. Il prit la chaise du bureau, la posa entre la porte et le lit, et s’assit dessus. Sayuki eu un léger sourire quand elle sut les intentions du jeune homme : S’il se mettait là, c’était pour l’empêchait de partir, par conséquent, il ne voulait pas qu’elle parte. Cette nouvelle fit quelque peu plaisir à la jeune femme… Mais elle persistait à penser qu’il avait besoins de repos et qu’elle l’embêtait plus qu’autre chose… Child, une fois qu’il eu finit son pain, la remercia pour celui-ci. Elle lui fit un sourire amical puis dit d’une voix doucereuse :
« De rien il y en à un autre si tu veux. Voulez vous du pain… ? Il y en a trois… »
Dit-elle à l’attention de Nell. Elle savait qu’il avait besoin de se remplir un peu l’estomac, bien que cela ne serait pas suffisant, ca lui permettrait de ne pas s’évanouir avant d’aller manger un vrai repas. Encore pour ca, Sayuki le gênait. Elle était toujours là ! Malheureusement pour elle, le regard du jeune homme la retint. Elle fit l’erreur d’à nouveau plonger son regard dans le sien, et elle ne put s’en détacher. Une fois de plus, c’était une situation étrange, un genre de dialogue visuel. Les deux protagonistes se regardaient dans le fond des yeux, sans rien se dire… C’était comme si chacun cherchait quelque chose, et que le fait que chacun observe l’autre ne soit pas un gène… Pendant qu’elle nageait dans ce flot doré, elle ne put s’empêcher de divaguer dans ses pensées… elle se demandait qu’elle pouvait bien être le passé du jeune homme, pour qu’il soit aussi distant avec tout… Le fait de ne vouloir crée aucun lien, de choisir de tout oublié était un choix… Mais il ne l’avait sûrement pas fait dès la naissance. Il y avait toujours des causes pour ce genre de comportement. Il avait sûrement vécu des choses atroces… Peut-être avait-il perdu quelqu’un de très cher ? Elle était avide de curiosité mais ne la rassasiait pourtant pas. Elle ne poserait aucunes questions, sous peur d’être trop indiscrète.
Elle cligna alors des yeux plusieurs fois et sortit peu à peu de ces pensées, se détachant du regard si perturbant et entrainant du jeune homme. Il fallait qu’elle arrête maintenant, elle s’était déjà assez perdue dans ses yeux ocre, qui étaient si dangereux… Dangereux oui, car elle ne voulait pas s’attacher ou espérer une quelconque amitié avec quelqu’un qui ne désirait rien nouer avec elle, et qui de toute façon, l’aurait déjà oublié au moment où elle passerai le pas de cette porte. Du moins, elle prit le temps de regarder son visage une nouvelle fois. Elle savait pourquoi cette beauté la touché tant… Bien que ses yeux sois grand ouvert, et d’un doré vif et attrayant, les traits de son visage était aussi fins et semblables à ceux d’Akira… Les même cheveux de blés, quoi que ceux de Nell fussent légèrement plus foncés. Mais chaque mèche avaient cette même légèreté et paraissait aussi soyeuse… Peut-être restait-elle ici car elle avait l’impression de retrouvait à travers lui, celui que peut-être elle aimé, sans vouloir se l’avouait. Elle ne savait pas ce qu’elle ressentait, et le pire, c’était qu’elle avait l’impression qu’elle ne le serait jamais. Elle resterait toujours là, entre deux rives, ne sachant ce qu’elle voulait… Elle ne savait pas si elle devait trouver ca mal ou non… En réalité, elle ne savait rien, c’était une ignorante de son propre cœur. Quelle tristesse et quelle désolation de ne pas connaître son propres cœur et ses propres sentiments…
Sayuki se leva. Elle le dérangeait, elle en était sûre, il avait besoin de repos, et surtout il avait besoin qu’on le laisse tranquille. La présence de l’elfe lui était sûrement bien trop pesant. Elle refusait d’être un poids pour lui. Le problème était qu’elle n’avait aucune envie de partir. Elle s’interdisait de regarder les yeux de Nell, elle avait bien trop peur d’être de nouveau absorbée dans ce tunnel doré. On dit que le meilleur moyen de résister à la tentation c’est d’y succomber. Mais Sayuki ne voulait pas se rabaisser à ca. La tentation, c’était le diable. C’était le mal. Alors elle n’y succomberait pas, elle l’évitera purement et simplement. Elle releva la tête, regardant Nell. Elle restait tout de même polie et regardait les gens dans les yeux quand elle leur parlait. Elle lui fit un mince sourire avant de dire :
« Je ferais peut-être mieux de vous laisser, je ne veux pas vous déranger plus que ça, vous avez sûrement besoin de repos après ce long voyage… »
Au moment où elle faillit à nouveau ce perdre dans ses yeux, elle décrocha et baissa à nouveau la tête, commençant à se diriger vers la porte. Elle n’avait pas encore dépassé la chaise où le jeune homme était assis et redouté ce moment… Au plus profond de son être, une partie d’elle espéré qu’il la retienne… c’était la mauvaise partie, la partie égoïste et dénué de raison, celle qui ne réfléchissait pas beaucoup et laissait aller ses désirs… La plus impulsive des deux. _________________
- Absente du 03/08 au 26/08 - |
|  | | Nell ~ Apprenti Méthamorphe ~


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| Sujet: Re: Méandres de l'oubli [PV Sayuki] [Fini] Ven 27 Juin - 23:02 | |
| « Crois-tu qu'on oublie autant qu'on le souhaite ? »
[Alfred de Musset] Extrait de Poésies nouvelles
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Les contours de la réalité se brouillèrent pour devenir flous. La chambre d’hôtel n’existait plus, seuls restaient les deux émeraudes qui acceptaient de le laisser entrer une nouvelle fois pour lui permettre de frôler l’âme qu’elles renfermaient. C’était sucré et agréable. Il aurait aimé se perdre dans ce regard qui l’envoûtait tant pour ne plus retrouver le chemin de la sortie et en rester prisonnier à jamais. Car la cage qui l’enfermerait alors ne serait pas faite de ces barreaux dorés hypocrites et fourbes, sa cellule ne serait pas une prison insalubre où il hurlerait sans fin sa détresse. De prisonnier malheureux, il évoluerait en condamné heureux. Quoique… « Condamné » n’était pas le mot juste. Il serait libre, libre de faire ce qu’il désirait, mais son cœur compterait une nouvelle personne, c’était tout. C’était tellement simple et pourtant tellement compliqué pour son esprit embrouillé. Les paroles de la jeune femme ne l’atteignirent pas. Il ne se rendit pas compte que Child engloutissait voracement un deuxième pain. Plus rien ne comptait hormis ces yeux et cette paisible clairière d’un vert tendre où le soleil réchauffait et éclairait quiconque s’y allongeait. Il voulait juste oublier que la réalité l’attendait au tournant pour le rappeler à l’ordre et lui enlever ce sentiment qui naissait timidement dans son cœur. Cette réalité cruelle et froide qui le tirerait violemment en arrière, lui montrant la ligne blanche et qui remettrait ses idées en place. Dans ce fouillis, elle saurait traquer cette émotion pour la jeter à la corbeille, l’effaçant à jamais. Pour la première fois, il ne voulait pas oublier. Il voulait se souvenir pour la reconnaître la prochaine fois qu’il la croiserait, mais imposer un nouveau régime à son esprit du jour au lendemain pour laisser passer une seule exception signifierait le début de sa perte. Il ne pouvait pas se permettre la moindre incartade à ce règlement si sévère.
Le charme fut rompu, elle brisa le sortilège qui la rattachait à lui et reprit peu à peu ses esprits. Nell revint à lui, se maudissant d’avoir commis une telle entorse au règlement. La tragédie d’Ai ne lui avait donc pas suffi ? Il fallait qu’il entraîne une inconnue avec lui au risque de lui faire subir le même sort ? Était-il stupide ou tout simplement fou ? Dans les deux cas, il considérait cette erreur comme impardonnable. Mais, bien qu’il s’obstine à se dire que recommencer serait une mauvaise idée, il ne pouvait s’empêcher de dévorer des yeux le visage de Sayuki. Le moindre de ses gestes, le moindre début de sourire, il ne voulait rien manquer, parce qu’elle avait su réveiller en lui une sensation qu’il avait jeté dans le donjon le plus froid et nauséabond que son esprit puisse contenir. L’amitié avait été exilée, chassée, traitée en paria et reposait désormais de l’abîme de l’oubli. Là, on l’avait remerciée et elle avait paisiblement fermé les yeux, certaine de ne plus jamais les rouvrir. Depuis, elle reposait, son corps se refroidissant au fil des années. Les émotions qui l’accompagnaient s’étaient réunies autour d’elle n’avaient plus eu qu’à attendre un réveil prochain qu’elle savait impossible. Elles avaient eu beau pleurer, implorer, supplier, ravager leurs corps si frêles de larmes de désespoir, leur anéantissement avait été complet. Nell s’était montré intransigeant et elles avaient fini par tomber, à leur tour, dans un sommeil sans rêves, faits de cauchemars et de terreur. Et voilà qu’une inconnue réussissait à semer la pagaille dans cet ordre établi depuis plusieurs années ? C’était inacceptable. L’amitié se réchauffait, elle entrouvrait les paupières pour tenter d’apercevoir celle qui envoûtait ce cœur pourtant glacial et dur. La volonté hurlait. Ses protestations retentissaient, ajoutant un peu plus au chaos déjà en place. En écho à ces cris qui glapissait de peur à l’idée d’être évincé, le cerveau s’était mis en marche, prêt à rétablir le fragile équilibre qu’il avait, tant bien que mal, entretenu. Tout pouvait se briser d’un instant à l’autre. Dans son coin, la peur se frottait les mains, ricanant à l’idée d’être enfin utile. Elle observait cette cohue, attendant son heure pour surgir de son trou et s’emparer de ce corps que d’autres auraient rendu faible à sa place. Sournoise, elle s’insinuerait dans chacun de ses membres, se faisant d’abord discrète pour ensuite prendre le contrôle. Son heure arrivait, et elle le sentait. La curiosité pointait le bout de son nez. Cette jeune femme intriguait Nell, il voulait pousser plus en avant, fouiller plus profondément, aller plus loin, toujours plus loin et, lorsqu’il aurait atteint le bout, il creuserait encore pour dénicher d’autres trésors. Il avait envie d’explorer la moindre parcelle de sa personnalité, chercher dans toute son âme, explorer son cœur…
Ses pensées s’arrêtèrent net. Stop. Il avait déjà une jambe dans le bateau qui attendait sagement qu’il embarque pour l’entraîner au gré des flots. Il lui ferait supporter l’horreur d’une mer déchaînée et la quiétude d’une mer calme. Nell retira bien vite cette jambe qui trahissait ses envies. Quoiqu’elles fussent, il ne devait pas céder à ces désirs qui allaient à l’encontre de tout ce en quoi il croyait. Son regard s’enfuit, s’éloignant de ces traits qui embrumaient sa matière grise pour revenir aussitôt sur celui-ci. Elle s’apprêtait à parler et sa voix fut telle une douce torture dont il se délecta avant de saisir le sens de ses paroles. Elle partait. Child dressa une oreille, délaissant son pain pour regarder Sayuki qui s’en allait. Ses yeux bleus s’écarquillèrent de surprise, lui non plus ne voulait pas qu’elle parte. Elle avait passé trop de temps avec lui pour qu’il ait eu le temps de lui conter l’une de ses nombreuses aventures. Aussitôt, il tourna vers son serviteur un regard outré, signe que si le jeune homme ne faisait pas le moindre geste pour empêcher la jeune femme de quitter cette chambre, il se vengerait cruellement. Il n’avait pas encore réfléchi à la punition qu’il lui ferait subir, mais savait déjà qu’elle serait terrible et insupportable.
Nell n’avait pas eu besoin de l’énervement de Child pour savoir que son corps réagirait sans lui. Il savait qu’il ne lui permettrait pas de partir, du moins, pas tout de suite. Il n’en avait pas eu assez. Il ne s’était pas encore lassé de ces émeraudes et cette clairière qui le fascinait tant. L’on aurait facilement pu le comparer à l’un de ces drogués qui avait cruellement besoin de sa dose. Tout son corps désirait ardemment que Sayuki reste pour lui permettre de dévorer une nouvelle fois du regard ce visage si attrayant et de se plonger encore dans ces yeux captivants. Il voulait s’endormir une fois de plus, retourner là-bas, au fond de ces yeux, dans cet endroit paisible et calme où son corps trouvait le repos qu’il souhaitait. Il n’avait pas besoin de dormir, il voulait juste rester au creux de ces prunelles, cela lui suffisait bien.
Avant que la volonté n’ait pu réagir et alors qu’elle dépassait la chaise, il referma délicatement ses doigts autour du poignet de la jeune femme. Ce contact lui arracha un frisson. Sa peau était chaude et douce, il aurait voulu ne jamais lâcher cette main. C’était étrange et assez mystérieux pour que sa curiosité veuille en savoir plus et pour que l’amitié ouvre un peu plus ses paupières closes depuis si longtemps. Il se leva et sa main glissa pour atteindre celle de la jeune femme qu’il serra légèrement.
« Est-ce que… »
Commença-t-il. Il se rendit soudainement compte de son impolitesse. Pour quoi allait-elle le prendre ? Il se permettait sans aucune gêne de la toucher, l’empêchant de partir… Il eut du mal à lâcher sa main, mais la politesse exigea qu’il exécute ce geste. Il ne pouvait pas se permettre de froisser celle qui lui était venue en aide, il ne voulait pas qu’elle se fâche. Il redoutait que son geste ne fronce ses sourcils, signe commun de la colère, et qu’elle ne claque la porte, criant de ne jamais chercher à la revoir. Légèrement effrayé à cette idée, il chercha rapidement un mot, n’importe lequel qui puisse lui venir en aide dans ce genre de situation.
« Excusez-moi. »
Fut tout ce qu’il trouva. Une pauvre, une misérable petite excuse. Ne pouvait-il donc pas faire mieux ? Désespéré, il décida d’achever la phrase commencé plus tôt dans l’espoir de calmer cette irritation qu’il redoutait.
« Je m’excuse de vous importuner plus longtemps, mais je voulais savoir si vous pouviez me raconter l’histoire de cette ville… Et m’expliquer les différentes règles à respecter. Bien sûr, si vous ne voulez pas ou que vous n’avez pas de temps à m’accorder, je comprendrais parfaitement que… »
Il ne finit pas sa phrase, se rendant compte que chacun de ses mots l’enfonçait un peu plus dans la médiocrité. Il devait se reprendre. Fixant le sol, il attendait qu’elle réponde. Il lui semblait que le temps prenait un malin plaisir à s’étirer pour faire en sorte qu’une seule seconde paraisse durer des heures. Il redoutait sa réponse. Il ne voulait pas qu’elle parte. |
|  | | Sayuki


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| Sujet: Re: Méandres de l'oubli [PV Sayuki] [Fini] Sam 28 Juin - 22:09 | |
| « Le meilleur moyen de résister à une tentation, c’est d’y succomber »
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Les pensées du jeune homme vagabondaient dans l’esprit de l’elfe, qui faisait tout son possible pour ne pas en louper une seule. Elle aimait savoir ce que les gens pensaient, après tout, elle y était tellement habituée qu’elle n’aurait pu s’en passer. Les pensées de Nell l’intéressait plus particulièrement, car elles été confuses et contradictoire, autrement dit, bien compliquée. Mais l’elfe n’avait jamais aimé la simplicité et la facilité, alors cela ne l’intriguait que plus. Son esprit était un des plus complexes et Sayuki s’amuser à analyser chacune de ses pensées. Il s’en voulait d’avoir commis cet écart… Il repensa donc à une certaine Ai, croyant qu’il fallait qu’il arrête de suite après ce qui s’était passé… Qui était donc cette Ai ? Que c’était-il passé entre eux ? Était-elle toujours en vie ? Maintenant, c’étaient les questions de l’elfe qui fusait dans son esprit, et le mélange était des plus chaotiques, c’était le désordre. L’elfe mit cependant ses multiples questions dans un tiroir de son cerveau et continua d’écouter les pensées du jeune homme.
L’amitié était donc en train de renaître au creux de son esprit… Cela n’aurait pu être qu’une bonne nouvelle pour la jeune femme, et pourtant, ca ne l’était pas. Elle ressentait comme une crainte. Au fond d’elle, elle avait également envie de se lier d’amitié avec le jeune homme, mais pourtant elle penser qu’il serait préférable qu’ils restent comme des vulgaires connaissances. Elle n’aurait su dire pourquoi, mais elle pensait que cela représentait un danger… Elle l’évitait alors au maximum, même si au fond d’elle elle ne désirait que restait le plus longtemps possible à ses côté, pour pouvoir à nouveau replonger dans cette rivière d’or si douce et apaisante. Mais pourtant, elle se forçait à résister. Elle ne voulait pas à nouveau recroiser ses prunelles si dangereuses… son esprit était tellement contradictoire que cela en deviendrait presque ridicule. Elle n’avait jamais vraiment su ce qu’elle voulait, son esprit avait toujours était indécis sur les relations qu’elle entretenait avec autrui, mais cette fois, cette fois c’était pire que tout… C’était beaucoup plus que toute les autres fois, elle désirait les deux extrêmes. A la fois elle voulait nouer plus de lien avec lui, ce qui l’entrainerait petit à petit vers une amitié solide, et en même temps, elle ne voulait avoir aucun lien avec lui, ne plus jamais le revoir et l’effacer de son esprit. Comme lui allait le faire.
La pauvre était dans une mauvaise posture. Elle ne serait sûrement jamais qu’elle est la meilleure solution, et continuerait perpétuellement à peser le pour et le contre des deux parties, et voguer d’un désir à un autre, tout ceci était ridicule. Et elle le savait. Elle avait également l’impression que, quel que soit la décision qu’elle prendrait, elle regretterait toujours au final. Ca serait toujours la mauvaise solution, et son esprit ne pourra s’empêcher de se dire qu’elle aurait du faire l’inverse. Là voilà donc dans un bel état, avec son indécision totale. Elle espérait juste que cela n’allait pas trop la ronger par le passer, mais elle ne se faisait pas de soucis. Durant ses longues minutes d’évasion, elle avait complètement perdu le fil des pensées de Nell. Il était actuellement en train de penser qu’il avait envie de mieux la connaître, d’explorer son esprit et son cœur le plus profondément possible. Elle n’était donc pas la seule à avoir des sentiments contradictoire… Cela était à la fois un bon signe comme un mauvais signe. Ca pouvait soit bien se finir, soit se finir très mal, et que les deux personnes en sortes avec quelques égratignures, voire quelques blessures… Tout ceci était bien triste, et bien pitoyable.
Au moment ou Sayuki allait partir, elle fit bine attention aux pensées de Nell, désirant savoir ce qu’il pensait réellement à ce moment là… Il n’avait pas envie qu’elle parte, il voulait une fois de plus se plonger dans son regard et explorer cette prairie. Il comparait ses yeux à une prairie… Après tout, l’elfe comparait bien ceux du jeune homme à une longue rivière d’or… Le repos qu’il attendait il le trouvait dans les yeux de la jeune femme, dans cette prairie justement, cela lui suffisait bien. Sayuki ne sut comment elle devait prendre cette pensée, elle n’aurait su dire qu’elle était le sentiment qu’elle ressentait à ce moment même. C’était une sorte d’indifférence, mélangée à de l’anxiété et d’épanouissement total. Oui, elle était contente mais à la fois anxieuse, elle restait prudente. Au moment où elle dépassait la chaise et qu’une partie de son cœur allait s’arrêter de battre, les doigts de Nell se refermèrent sur son poignet si fin. Elle eu une impression de légère brulure, de petits picotements désagréables. Une fois de plus, même des sensations étaient contradictoires. D’un côté, cette douceur la réchauffait, et d’un autre côté, cela lui était extrêmement désagréable, ca la dérangeait et elle aurait voulue retirer sa main sur le champ.
Pour une raison strictement inconnue, elle ne le fit pas, et quand Nell se leva, sa main glissa dans celle de la jeune reine, que le jeune homme sera légèrement. L’elfe c’était retourner et le regardait avec un regard incompris, perturbé, indescriptible. La main de Nell était douce et agréable. Mais elle la dérangeait. Cette main n’aurait pas du être là. Elle eu donc envie de retirer sa main, mais elle était de marbre. Elle pouvait plus bouger, et était complètement immobile, comme un bloc de glace. Il commença un début de phrase, puis abandonna finalement, et lâcha sa main. Ce fut à la fois un soulagement et une déception. Il parut hésiter, Sayuki lisait clairement dans son esprit qu’il était hésitant, et qu’il ne savait que dire pour la retenir. Il se trouvait impolie et ne voulait pas froisser la jeune femme. Il craignait plus que toute sa réaction. Alors c’était ca ? Leur pseudo-relation de connaissance n’était que crainte et hésitation… Etait-ce vraiment une bonne chose ?
De suite après, il s’excusa. Trouvant cela misérable, il reprit. Son excuse tenez la route, il voulait connaître l’histoire de cette ville et savoir les règles à respecter. Les yeux alors troublés de Sayuki devinrent plus sûr, et ses lèvres se fendirent en un sourire. Très bien, s’il le voulait, mais cela risquait de prendre des heures. Cette ville avait une longue histoire derrière elle, avec des hauts et des bas. Il y avait tant de choses… Nombreux événements s’étaient produits, perturba un peu plus à chaque fois ces terres qui pourtant n’avait mérités ca. Depuis l’apocalypse, c’était comme si tout était repartis de zéro, mais portant, cela n’effaçait pas se sinueux parcoure… Nell baissa la tête et fixa le sol. Prenant à nouveau son éternelle voix douce et rassurante, tel une mélodie, elle répondit :
« Si vous le voulez… Mais cela risque de prendre du temps, l’histoire de cette ville n’est pas des plus simples. Êtes-vous sûr de vouloir consacrer votre temps à ceci au lieu de vous reposer ? »
Elle posait une question inutile, elle savait très bien que Nell en était sûr. La vérité était qu’il n’avait pas envie qu’elle parte, mais il était trop confus pour pouvoir se l’avouer. Il est vrai que Sayuki avait également du mal à réalisé cette pensée pourtant si profonde. Elle se sentait alors faible, elle avait cédé. Elle savait qu’elle devrait partir, mais voilà qu’il la retenait, et elle ne pouvait rien faire contre ca. Elle ne pouvait pas partir quand elle voyait les beaux yeux désespéré du jeune homme, c’était impensable. Elle succombait donc à cette dangereuse tentation. A présent, elle était du côté du diable, la tentation était mauvaise, et voilà qu’elle y cédait sans trop de résistance, et qu’elle allait en profiter pendant bien des heures. Le mal était fait de toute façon, elle verrait bien si la compagnie du diable est plus agréable que celle du dieu ou non. Sayuki eu un léger sourire, il était inutile que Nell réponde à sa question idiote. Elle fit un pas en avant, laissant sa raison sur le pas de la porte. _________________
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| Sujet: Re: Méandres de l'oubli [PV Sayuki] [Fini] Mer 16 Juil - 21:37 | |
| « À quoi peut servir un livre sans images ni dialogues ? »
[Lewis Carroll] Extrait de Alice au pays des merveilles - De l’autre côté du miroir
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Craintes et hésitations se bousculaient dans son esprit, ne laissant aucune place à l’assurance et la confiance. Elles monopolisaient tout l’espace, s’étalant toujours plus pour paraître plus grosses qu’elles ne l’étaient réellement, plus importantes. Elles voulaient devenir des malédictions, deux objets de terreur qui le mèneraient à la ruine. Elles désiraient être les créatrices de ce futur chaos qui attendait bien sagement que les deux portes qui empêchaient l’accès à son esprit s’ouvrent pour le laisser se faufiler et anéantir tout ce qui serait sur son chemin. Déjà, les battants s’étaient entrouverts, voilà bien des années. Assez pour permettre à son manteau de nuit de s’abattre sur l’amour. Il ne devait plus aimer. Il ne devait plus rien ressentir pour ceux qui l’entouraient. Amitié, amour fraternel, parental, ou tout simplement cet amour pur et simple qui le remplissait d’horreur et de dégoût avaient été rayés. Sa simple présence avait suffi à démarrer un processus en place depuis sa naissance. C’était la tristesse qui s’était, en ce temps-là, lamentablement tirée vers les deux portes fermant l’accès. Elle s’était appuyée, dans ses dernières forces, sur la poignée lourde et imposante et l’avait laissé entrer. Celle qui avait permis cette intrusion avait été détruite, arrêtant le flot de larmes qui roulaient tels des diamants étincelants le long de la courbe de ses joues. Elle avait été anéantie, réduite à néant, engloutie par cette cape humide et glaciale qui avait décidé de faire de cet esprit fragile son futur territoire. Il n’avait qu’un seul désir : créer le plus de désordre possible pour que ce misérable esprit se grignote lui-même et finisse par se détruire. Son seul rêve, son seul espoir, sa seule envie, c’était l’anéantissement de cet être pitoyable qu’était ce Nell. Il voulait le voir se conduire tout seul à sa perte. Il voulait assister à ce spectacle merveilleux et grandiose qui serait l’apothéose de tout ce qu’il avait pu accomplir jusqu’à présent. Sa jouissance serait à son comble, son plaisir le tuerait certainement et il pourrait mourir, lui aussi, dans un dernier rire. Mourir heureux, voilà qui était son plus grand projet.
« Je suis en retard. » Connaissez-vous Alice ? Mignonne petite Alice. Cette petite fille sortie tout droit de l’esprit de Charles Lutwidge Dodgson, plus connu sous le nom de Lewis Carroll qui, dans sa grande curiosité, a suivi le lapin blanc jusque dans son terrier dans lequel elle s’est engouffrée sans l’once d’une méfiance. Stupide petite Alice. Qu’il va lui en arriver des aventures ! Quel drôle de monde que voilà ! Ne trouvez-vous pas étrange de vous retrouver face au Chat du Cheshire qui prend un malin plaisir à contredire tout ce qui sort de sa propre bouche ? « Peut-être est-ce à droite… […] Le palais de la reine se trouve irrémédiablement à gauche ! » Et ne parlons pas du fameux Lièvre de Mars et de son acolyte complètement dingue, le Chapelier qui l’entraînent dans la folie d’une petite fête improvisée où ruissellent thé et gâteaux auxquels il est impossible à Alice de toucher à cause de la frénésie de ces deux personnages pour le moins étranges. Et la Reine de cœur ! Aah… ! Magnifique, étincelante Reine de cœur. Que de bonté, que d’intelligence dans chacune de ses paroles. On sent tout de suite le grand cœur qu’abrite ce corps énorme à la tête surmontée de la couronne dorée, signe de royauté. « Qu’on lui coupe la tête ! » La hache s’abat. La peur. Vive la Reine ! *
L’esprit de Nell pourrait s’apparenter à ce monde où les règles établies n’ont pas leur place. Chacun fait ce qu’il veut, quand il veut et de la manière qu’il veut. Ainsi, si le Lièvre de Mars et le Chapelier décide de ranger le Loir dans la théière, il n’est rien de plus normal, rien de plus banal, ni rien de plus ennuyeux. Ce qui est étrange vire à l’ordinaire, la confusion s’amuse, ricane chaque jour. Vive elle ! Elle est la Reine de cœur, qu’on l’acclame, qu’on l’adule ! Aimez-la et elle vous détestera. C’est ainsi que ce désordre s’organise en rangeant les choses n’importe où, sous le simple prétexte que cela leur plaît de mettre telle ou telle pensée à cet endroit. Tout n’est que bizarrerie et complexité. Les interrogations, les affirmations, chaque sentiment fuse de toute part pour se rendre n’importe où, vivant leur courte vie comme bon leur semble. Après tout, qui pourrait les empêcher de nuire ? Le cerveau est déjà à la tâche pour garder un semblant d’équilibre. Alors, si même le maître des lieux est incapable de contenir leur agitation dévastatrice, qui pourrait empêcher ces sentiments de s’imposer ? Il n’y a pas de tour, pas d’ordre à suivre. Le plus fort l’emporte et, à cet instant, l’amitié luttait de toutes ses forces pour prendre la place principale. Mais c’était sans compter sur la raison qui l’avait envoyée valser et qui désirait prendre le rôle principale de la pièce en cours. Avant que le rideau ne tombe, elle devait être la dernière sur scène. Elle resterait sur les planches de bois pour montrer sa victoire aux spectateurs avant de s’en aller, dans un dernier salut, laissant l’oubli se charger du nettoyage. Il était tel un puzzle dont les pièces tombent au fur et à mesure que l'on essaye de les poser. Un puzzle que, même avec l'éternité devant soi, l'on n'arriverait jamais à achever.
Doucement, il releva la tête pour croiser le sourire de la jeune femme. Soulagé qu’elle ne lui en veuille pas, il n’eut pas besoin de répondre à sa question. Elle restait et cela lui suffisait amplement. Il aurait à nouveau plusieurs heures devant lui pour profiter de sa présence. Elle lui abandonnait son temps, elle acceptait de se retourner pour reprendre sa place initiale, Child allant se loger sur ses genoux pour se rouler en boule et fermer les yeux, profitant au mieux de la douce voix de la jeune femme.
Avait-il fait le bon choix ? N’aurait-il pas dû seulement la laisser partir ? Il était trop tard pour regretter. Son corps avait réagi sans que personne ne le lui ordonne et, si le cerveau n’arrivait pas à savoir si ses actes allaient lui nuire ou pas, son corps, lui, se délectait de cette gentillesse qui le détendait et le plongeait dans une sorte d’état second. Sa réaction rappelait les actes irréfléchis du Lièvre de Mars qui agissait et, ensuite, repensait à ce qu’il avait fait. Ses doutes, quant à eux, pouvaient sans difficultés s’apparenter au Chat du Cheshire qui déclarait qu’il fallait aller à droite pour, quelques secondes plus tard, affirmer sans hésitations le contraire. Il lui était difficile de savoir quelle position adopter face à ces deux partis qui le tirer chacun de leur côté dans l’unique but de le faire flancher et crier sa victoire à l’autre. C’était égoïste de sa part d’agir ainsi avec quelqu’un qu’il ne connaissait pas et qu’il oublierait par la suite, mais pour l’heure, il n’arrivait pas à se décider. Il serait tellement plus facile de suivre le Lièvre de Mars dans la direction qu’il lui indiquait, mais le Chat du Cheshire veillait au grain et n’hésitait pas à lui chuchoter doucement à l’oreille que le Lièvre de Mars était, comme il le savait déjà, bien stupide, et qu’il serait peut-être dangereux de le suivre sans avoir mûrement peser sa décision auparavant.
Il se retourna, se dirigeant lentement vers sa chaise, restant préoccupé par ces nombreuses questions qui avaient pour unique but d’attiser le mal de tête qui pointait le bout de son nez, et s’assit avec souplesse, gardant cette mauvaise habitude, où qu'il soit, de faire le moins de bruit possible lorsqu’il se déplaçait. Il aimait être discret, surprendre les gens et se fondant dans la foule. Il n’était pas de ceux qui hurlent pour se faire remarquer, il préférait observer sans que les autres sachent tandis que ses deux yeux dorés les étudiaient avidement, prenant du plaisir à deviner les nombreuses personnalités qui peuplaient ce monde. Même les caractères les plus ingrats et les plus moches avaient son attention. Ils méritaient tout autant que les autres qu’on décortique chaque défaut, chaque qualité, chaque pensée, et qu’on les analyse pour en tirer une quelconque conclusion. Il y avait toujours quelque à chose à trouver et à découvrir et, souvent, il avait l’agréable surprise de constater qu’un homme riche et célèbre se languissait d’amour pour cette pauvre paysanne qui ne lui accordait pas un regard. Tellement cliché, mais tellement adorable n’est-ce pas ? Ce n’était pas avec ses réactions plates et sans aucun sens, et son cœur pourri et desséché que Nell pouvait se vanter d’en faire autant. Il était bien laid d’avoir une âme aussi sèche.
« Qu’on lui coupe la tête ! » Répéta la Reine de cœur dans sa colère. Le Griffon dit : « C’est seulement le délire de la Reine. On n’exécute jamais personne, vous savez. »** *
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* Les paroles des personnages d’Alice au pays des merveilles ne sont certainement pas celles du livre de Lewis Carroll. Ne l’ayant jamais lu, je ne peux pas les retranscrire fidèlement (mis à part la phrase d’intro trouvée sur Evene). ** Les paroles du Griffon, je les ai trouvés dans le manga God Child de Kaori Yuki, Tome 1 et j’ignore totalement s’il s’agit des vraies paroles ou pas.
[HS : Désolée pour le retard >_< ].
Dernière édition par Nell le Jeu 7 Aoû - 20:57, édité 2 fois |
|  | | Sayuki


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| Sujet: Re: Méandres de l'oubli [PV Sayuki] [Fini] Mer 16 Juil - 23:39 | |
| La jeune femme était allée retrouver sa place initiale sur le lit bleuté et gardait la tête baissé. Elle ne savait pas si elle avait réellement honte ou pas. Le devrait-elle ? Etait-ce à ce point mal de resté en la compagnie de Nell ? Peut-être… Elle n’aurait su donner une réponse à cette question pourtant primordiale. Elle avait agit sous le coup de l’impulsion, et était restait parce que c’était ce que son cœur désirait réellement. Sa tête pouvait désormais ronchonner seule dans son coin, la voix du cœur parlerait toujours plus fort et prendrait le dessus. Quand à sa raison qui prenait pourtant la plus part du temps le dessus, elle n’était tout simplement plus là. La propriétaire l’avait lâchement abandonné derrière elle, la laissant à l’écart de cette chambre. Elle la récupérerait en sortant, et se tordrait alors de remord, elle le savait très bien. Mais que voulez-vous, malgré sa sagesse et sa jeunesse pourtant passée, il lui arrive de faire des écarts et de laisser place à ses désirs… Cela lui arrive si peu souvent, elle peut bien ce le permettre au moins une fois n’est-ce pas ? Cependant, elle ne pouvait s’empêcher de s’en vouloir et de s’en mordre des lèvres. Elle n’osait relever la tête et croiser à nouveau le regard dangereux et tentateur du jeune homme. Elle se refusait ce droit. Elle avait déjà accepté de rester, c’était une grande chose, elle ne devait pas plus s’enfoncer à présent et rester raisonnable. Bien qu’il faut avouer que cette notion en à déjà pris un sacré coup au moment ou l’elfe à fait demi-tour…
Elle aperçut alors Child venir se loger sur ses genoux et se rouler en boule, satisfait de sa position. Il aurait ronronné que celui-ci aurait était le chat parfait. L’elfe passa délicatement une de ses mains sur le pelage doux et soyeux de l’animal. Il était si gentil. Parfois, la jeune femme aurait aimé avoir une créature dans ce genre. Elle avait un cheval, mais leur relation était très différente… D’une il ne possédait pas la faculté de parler, et les deux êtres se comprenait par le regard ou les pensées. Ils se connaissaient parfaitement et c’était donc plus facile d’établir un dialogue silencieux. Elle n’avait pas de mal à communiquer avec son cheval, celui-ci la comprenait et elle trouvait souvent réconfort auprès de lui. Seulement voilà, il restait tout de même incapable d’émir la moindre parole, et cela ne pouvait pas remplacer un être parlant. Elle refuserait toujours de remplacer Erador contre une petite bête de ce genre, car il était avant tout son ami, mais un petit animal de plus ne serait pas ce refus… Elle était déjà habitué aux animaux car nombreux habitaient déjà sa maison, mais toujours temporairement… Elle aidait les animaux de la forêt, les soigner et les nourrissaient, rien de plus, ils n’étaient pas « à elle ». Elle se contentait de prendre soin d’eux… Mais elle imaginait ce que cela devait être d’avoir une créature comme Child… Avec qui l’on puisse parler… On devait s’attacher beaucoup plus vite. Les créatures comme ca ne vous quittes en général plus, mais ce n’est pas plus mal. Les propriétaires voient souvent les inconvénients, mais il y a pourtant beaucoup d’avantages… Qui sait, peut-être qu’un jour Sayuki croisera une petite bestiole parlante sur son chemin.
Les yeux toujours baissés, elle continuait de caressait Child lentement. Sa respiration était lente et calme, néanmoins, son cœur et son esprit eux étaient très agités. Ses pensées fusaient en tout sens et cela forait un vrai désordre dans sa tête quand les pensées brouillées de Nell venait s’y ajouter. C’est fou comme cet être avait un esprit complexe. Il avait complètement dérivé dans le compte d’Alice au pays des merveilles et cela emmêla la jeune femme plus qu’autre chose. C’est pourquoi elle préféra fermer ses yeux du cœur temporairement. Ce fut alors et enfin le grand silence. Elle eut l’impression d’être délivré de tout bruit, et de vivre dans un monde de silence, ou seules ses pensées régnaient… C’était à la fois un soulagement et quelque chose de désagréable. Elle n’avait pas l’habitude. Les fois où elle fermé ses yeux du cœur restaient très rare. Elle le faisait presque constamment en présence d’Akira, tout comme lui, car les deux êtres avaient le même don... Cela était donc plus simple de tout fermé pour éviter toute confusion. Elles les avaient aussi fermés avec Sélène qui connaissait son pouvoir, et que cela gênait… c’était d’ailleurs tout à fait compréhensible. Cela ne peut être que désagréable de savoir que quelqu’un lit dans votre esprit à l’instant même… Que vous devait faire attention à la moindre de vos pensées…
Sayuki profita alors de ce moment de silence qui lui était offert. Elle se concentra sur le doux pelage de Child pour ne pas que des pensées néfastes et dérangeante revienne. Elle ne voulait pas encore une fois avoir des remords… Elle ne voulait pas se demander pourquoi elle était restée… Pourtant elle ne pouvait s’empêcher de le faire. Le silence s’était installé entre les deux êtres, un silence lourd et pesant, qui pouvait en devenir gênant… Cependant, l’elfe ne trouvait pas nécessaire de parler… Pour la simple et bonne raison qu’elle ne savait strictement pas quoi dire. Elle en déduisait qu’il devait en être de même pour la personne en face d’elle, à moins que celle-ci soit trop occupé par ses pensées pour énoncer la moindre parole. *Que fais-je ici ?* Se dit-elle.
Elle se l’était demandé malgré elle, suite à ce silence paralysant. Elle avait comme l’impression d’avoir les oreilles complètement bouchée, et d’avoir basculé dans une seconde dimension. Comme si elle n’appartenait plus à ce monde. Si elle avait été blessée, elle aurait facilement pu croire qu’elle était morte et que l’au-delà l’accueillait à présent. Elle se sentait couper de tout. Comme si le fil qui le rattachait à la vie, aussi bien au sens propre du terme, qu’à la vie en société, avait brutalement était coupé. Elle aurait désormais du se battre avec acharnement pour rattraper le bout du file qui lui filait entre les doigts qui un serpent. Comme si elle avait la tête sous l’eau et que remonter à la surface lui paraissait tout à fait impossible. Il fallait pourtant qu’elle respire…
Sayuki releva la tête. Elle tomba alors sur le visage de Nell en pleine réflexion, celui-ci était aussi absorbée par ses pensées que l’était l’elfe une seconde plus tôt. Elle aurait voulue savoir le sujet de ces profondes réflexions mais se refusa à rouvrir ses yeux du cœur, pour profiter quelques minutes de plus de ce silence irréel… Pourquoi était-elle restée déjà ? Ah oui, pour lui raconter l’histoire de cette ville… La perspective de ce long récit pétrifiait déjà la jeune femme. Elle avait l’impression d’avoir la gorge trop serré pour pouvoir énoncer le moindre mot. Pourtant, il le fallait bien… Car cette histoire était loin d’être l’une des plus simples et des plus courtes… Elle décida donc de briser les pensées de Nell en prenant la parole :
« Avant Cassilmena, les puissantes terres du yin et du yang étaient un des royaumes les plus renommés de notre ère… Vous en avez peut-être déjà entendue parler ? Savez vous comment nous en sommes venue à cette île, appelé Cassilmena, l’île de la dernière chance ? Un long parcourt ce trouve derrière celle-ci, qui n’a pas toujours était des plus glorieux… Les terres du yin et du yang ont malheureusement connus beaucoup de périodes sombres, tout n’a pas toujours été beau et joyeux, à mon plus grand regret. Voulez-vous vraiment que je vous compte ce parcours sinueux Nell ? »
Elle osa à ses risques et péril le regarder dans le fond des yeux, lui posant une question sincère cette fois-ci. Il avait le choix… S’il le voulait il pouvait garder un voile sur son savoir et ne pas connaître toute ces horreurs… Mais il pouvait aussi lever se voile d’ignorance et se prêter à la triste vérité. C’était à lui de choisir. La franchise et le trouble de l’elfe pouvait se lire dans son regard. _________________
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| Sujet: Re: Méandres de l'oubli [PV Sayuki] [Fini] Sam 19 Juil - 8:13 | |
| « Mon ami signifie mon esclave. Mon cher ami veut dire vous m'êtes plus qu'indifférent. »
[Voltaire]
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Confuse, gênée… Ou encore un autre sentiment qu’il n’arrivait pas à percevoir. À cet instant, il aurait donné n’importe quoi pour pouvoir lire dans ses pensées et savoir si, en la retenant, il ne lui avait pas, en quelque sorte, forcé la main. Il s’était montré impoli et peu courtois envers une jeune femme qu’il commençait à peine à découvrir et, bien que sachant que son investigation n’irait pas plus loin que cette ligne de départ qui annonçait le début officielle d’une relation, il n’avait pas pu s’empêcher de refermer sa main sur son poignet. Lui en voulait-elle ? Rester dans cette chambre lui faisait peut-être horreur et il l’avait obligée à se rasseoir sans tenir compte de ses sentiments. Sale égoïste ! Il regrettait amèrement de s’être laissé emporter. S’il avait su rester à sa place, comme l’étique l’exigeait, il ne serait pas là à se poser des centaines de questions. Encore une fois, il avait conscience d’en avoir trop fait alors que, dangereusement, il voyait se rapprocher la démarcation qui, pour certains, indiquait un « Partez ! » fort attendu mais qui, pour lui, avait la signification d’un « Stop ! » autoritaire. Si, d’un côté, il désirait apprendre à la connaître tout en sachant que cela lui serait impossible, de l’autre, il abhorrait l’idée que, peut-être, il donnait de faux espoirs à la jeune femme. Si lui se fixait des limites à ne pas franchir, elle, ne devait pas en avoir, distribuant sans compter sa générosité à qui la méritait. C’était vraiment mauvais et sournois de sa part de l’obliger à rester en ayant ce genre de sentiments. Il ne voulait pas l’oublier, mais savait qu’il ne pouvait faire autrement et, pour la première fois depuis longtemps, il sentit son cœur se tordre sous le coup d’une légère douleur et de la culpabilité d’être persuadé qu’il n’était qu’un menteur et un profiteur fini. Il était tombé bien bas ces dernières années, et c’était seulement maintenant qu’il s’en rendait compte. Bien que d’un naturel joyeux et enjoué, Nell était alors assailli de pensées sombres et morbides qui ne lui ressemblaient pas. À croire que ce simple silence qui aurait dû lui paraître comme doux et innocent et qui aurait pu être utilisé pour se délecter un peu plus de la chaleur qui se dégageait de Sayuki avait suffi à le plonger dans l’état contraire de son but premier : il broyait du noir.
Ses réflexions l’absorbaient tellement qu’il en avait presque oublié que leur cause était assise juste en face de lui et maintenait, volontairement ou pas, ce calme qui l’angoissait tant. Il ne savait comment réagir face à ce genre de situation et se retrouvait démuni. La brusque absence de paroles et d’échanges, même muets, lui avait fait perdre tous ses moyens. S’était-il montré brusque à ce point ? Il se refusa à rompre le premier le silence. C’était à elle de parler et il ne tenait pas à se fourrer dans l’une de ces situations embarrassantes où les deux protagonistes se retrouvent à parler au même moment et à, ensuite, délibérer sur qui devait prendre la parole le premier. Pour Nell, il s’agissait là d’une considérable perte de temps et il ne tenait pas gaspiller les quelques heures qu’il avait réussies à glaner auprès de la jeune femme par des échanges polis qui ne le mènerait à rien.Il se faisait un devoir de profiter de chacune des minutes qu’elle lui accordait pour se rapprocher de plus en plus de la ligne de fin. Il voulait l’avoir atteinte avant qu’elle ne s’en aille parce que c’était le maximum qu’il puisse lui offrir. Pour l’heure, elle n’était plus une simple inconnue à ses yeux. Elle était la femme qui l’avait aidée et qui, par son regard et sa gentillesse, avait su l’envoûter. Elle était celle qu’il se serait plu à considérer comme une amie si les circonstances avaient été autres et son caractère moins strict. Mais, tout ceci n’était que fugace. Ce moment était éphémère, tel le passage du papillon sur la Terre, il ne durerait pas pour l’éternité et, il le savait, comme il savait qu’il aurait oublié la jeune femme à leur prochaine rencontre. Même en essayant de passer chaque journée à éprouver de bons sentiments en évoquant son souvenir, d’autres évènements feraient qu’elle finirait par disparaître pour ne devenir qu’un songe, perdu dans la brume qui planait constamment sur son esprit.
C’était beau un songe, mais c’était, hélas, loin, très loin d’être éternel. Malgré ce que l’on s’obstine à nous faire croire lorsque l’on est enfant, les contes de fées n’ont jamais existé et le « Happy End » qui, dans l’enfance, paraît tellement évident, n’est en réalité qu’un ramassis de mensonges tout juste bon à alimenter ces dits songes. Les gentils ne triomphent pas toujours des méchants. La conception même est erronée et obsolète. Qui irait s’enfermer dans des concepts manichéens sans queue ni tête ? Personne. Parce que personne n’était assez fou pour croire que le monde était divisé entre le noir et le blanc. Même le plus fou des fous vous rira au nez si vous osez émettre cette théorie si saugrenue aux yeux de tous. Rangez vos rêves dans votre mallette et changez tout de suite de sujet je vous prie. Il est temps de grandir. Peter Pan ne viendra pas vous chercher pour vous emmener au pays imaginaire tout comme le Père Noël ne déposera pas vos cadeaux au pied de la cheminée. Laissez aux enfants leurs rêves et occupez-vous des vôtres : gagner beaucoup d’argent, trouver femme et enfants et vivre sa vie le plus aisément possible. Et surtout, même si vous en mourrez d’envie, n’allez pas, par jalousie, crever la bulle rose de vos petits anges qui, nous le savons très bien, inutile de le cacher, vous chérissez tant, pour les empêcher de s’entourer d’un monde féerique simplement parce que vous êtes incapable de payer votre facture ce mois-ci et que leurs airs béats vous irritent. Restreignez vos élans de colère et allez voir ailleurs s’ils y sont.
Nell, le mouton noir. Nell, le paria. Nell, l’enfant impur. Nell, le bâtard. Nell, l’ami de Sayuki. À cette dernière pensée, il secoua la tête. Ça ne marchait pas. Il n’arrivait pas à envisager de prononcer ces mots. Il n’arrivait pas à concevoir qu’ils fussent, un jour, véridiques, porteurs de la réalité. Ça n’allait pas. Ces mots étaient jolis, certes, mais lui les trouvaient moches et ternes. Le mot « ami » était telle une cave malsaine dans laquelle on l’enfermerait et où on lui couperait les ailes pour l’empêcher de voler. Un oiseau vole et se pose de branche en branche, mais jamais il ne reste au même endroit et ce malgré toutes ses envies. Quels que soient ses désirs, il ne pourrait jamais les concrétiser parce qu’il n’arrivait pas à envisager l’idée autrement que comme un projet vague qui n’était qu’une pensée en l’air. Ça ne durera qu’un temps ! Se disait-il à chaque fois qu’il se proposait la chose. Il n’était pas l’ami idéal et ne tenait pas à lire la déception dans le regard des gens lorsqu’ils se rendraient compte que les chimères qu’ils s’étaient eux-mêmes inventées s’effondraient, plus rapidement qu’ils ne l’espéraient, les unes après les autres.
Le temps… Toujours le temps. Il file, court, marche, galope, allant tantôt vite, tantôt doucement, mais jamais il ne prend la peine de s’arrêter pour se retourner et attendre les retardataires qui n’ont pas réussi à le suivre. Un seul rythme, le sien. Pas un autre. Quiconque tente de lui imposer une limite pour le faire ralentir se retrouve broyé par sa puissance. Et là, Nell aurait aimé que le temps fut plus clément et réfrène son envie de bondir vers l’avenir pour voir ce qu’il s’y cachait. En général, lorsqu’il le trouvait, déçu, il poursuivait son chemin sans y prêter plus d’attention, s’enthousiasmant déjà en pensant à ce qui se produirait ensuite. Pour en revenir à Nell, celui-ci en était presque à prier le sablier de cesser de déverser les grains de sable, à supplier la pendule d’arrêter momentanément d’égrener les secondes et à implorer Sayuki de rompre le silence pour, qu’enfin, il puisse apprécier sa présence et arrêter de se ronger les sangs en se demandant s’il avait pris la bonne décision ou non.
Enfin, elle parla. Enfin, son cœur se libéra de l’étau qui le comprimait, l’empêchant de battre et ainsi, de faire circuler le sang dans son corps. Ses muscles reçurent avec un plaisir non caché ce nouvel apport en oxygène qu’ils commençaient à croire comme s’étant perdu en route, et Nell pu se détendre légèrement en constatant, toujours légèrement inquiet, qu’elle n’avait l’air d’être particulièrement fâchée.
Il ne connaissait rien à l’île de Cassilmena et son ignorance s’étalait également aux terres qui l’avaient précédée. Il n’avait jamais connu que son manoir où les ricanements le poursuivaient, au début de sa vie, à longueur de journée, pour ensuite se transformer en révérences respectueuses qui l’avaient d’abord étonné jusqu’à ce qu’il finisse par s’accoutumer à ces drôles de faveurs qui le faisaient bien rire… Jusqu’à ce qu’il apprenne le mariage que sa mère avait réussi à obtenir et déchante bien vite. Les gens n’avaient pas gagné un semblant de respect, ils n’avaient pas non plus acquis ce qu’on appelle si joliment, la tolérance, leurs gestes étaient juste conditionnés par cette chose moche et irrationnelle que l’on nommait, la crainte. Avec le manoir, il avait également fréquenté le village avoisinant durant les rares sorties qu’on lui accordait. Y allant d’abord avec sa mère, c’était ensuite Ai qui l’avait remplacée pour le conduire, comme tant d’autres bambins de son âge, à la confiserie du coin où il dépensait sans compter pour ensuite se gaver de sucreries et finirent coucher au lit pour les trois jours qui suivaient. Puis, plus vaguement, il se souvenait des paysages qu’il avait croisés lorsqu’il avait été contraint à l’exil, mais, n’ayant pas vraiment pris la peine ni le temps d’y accorder une quelconque importance, il dû s’avouer que sa culture au niveau de la géographie mondiale était bien faible et pauvre. Certes, il avait en tête la forme du monde avec ses différentes régions, mais il serait incapable de situer cette île et encore de raconter son histoire. En général, il ne s’attardait pas sur ce genre de détails, ses précepteurs lui suggérant plutôt de se concentrer sur les noms. « Les noms, Monsieur ! Retenez exclusivement les noms ! C’est le plus important ! ». Après, ils lui avaient soufflé l’idée que connaître leurs emplacements n’étaient pas non plus une si mauvaise chose et, une fois ces deux sciences acquises, ils en avaient conclu qu’il en savait assez. Grâce à Sayuki et aux quelques paroles qu’elle venait de prononcer, Nell comprit alors que l’importance d’une province ainsi que sa richesse culturelle ne se limitait pas seulement au nom et à la position. L’histoire qu’elle avait derrière elle jouait son rôle et, en fonction des différents moments clés de cette histoire, l’on pouvait expliquer tel ou tel changement de paysage ou de population. Avec de simples mots, Sayuki avait su réveiller cette réflexion en lui et sa curiosité avait été piquée au vif. Maintenant, il ne désirait qu’une chose : connaître cette histoire, bien que, il s’en doutait, elle devait être bien loin du royaume de Cendrillon ou de la Belle au bois dormant qui, malgré leurs mésaventures qu’elles voulaient être comme particulièrement affreuses, avaient eu droit à une fin des plus joyeuses. C’était dans ces moments-là qu’il était plus aisé de faire la différence entre ces mythes hauts en couleurs et cette réalité d’un gris sale.
Il se cala le plus confortablement possible sur sa chaise, comme le font les enfants lorsqu’ils sont sûrs que l’histoire qu’ils vont entendre promet d’être riche en aventures et en émotions. Seulement, il n’était pas un enfant, et il s’attendait plutôt à un récit triste et morbide qui ne lui donnerait certainement pas envie de sourire qu’à une comédie qui le ferait rire jusqu’à n’en plus pouvoir. Mais seule sa curiosité était maîtresse de ses pensées à présent et il ne releva pas l’avertissement qu’il avait perçu dans les paroles de la jeune femme.
Ses yeux se levèrent enfin vers lui et il eut le ravissement de pouvoir s’enivrer à nouveau de cette nature verdoyante qui se dégageait de son regard. Il sentait même l’odeur des arbres et arrivait à deviner le son que produisaient les feuilles rouges qui tombaient tristement des arbres lorsque l’automne venait et qui craquaient sous les pas de nombreux inconnus, peu intéressés par leur sort. S’arrachant avec le plus grand regret de sa contemplation et devinant que Sayuki attendait une réponse, il eut un léger sourire.
« Je suis prêt à l’entendre. »
Sa voix s’était élevée, tel un murmure, comme s’il craignait de déranger un public de toute évidence absent et illusoire par ses paroles.
Oui, il était prêt. Il savait que ce serait long, mais, pour pouvoir rester le plus longtemps possible avec elle, il était prêt à perdre tout le temps qu’on lui accordait. À ce niveau-là, et ce fut, pour lui, un exploit bien rare, il prit soin de ne s’accorder aucune limite. Il pouvait, à présent, passer des jours entiers à l’écouter, même si, il en était certain, le conte de Cassilmena ne durerait en tout et pour tout que quelques heures qui lui parurent, tout à coup, bien pâles et tremblotantes. Il ne voulait pas voir la bougie s’éteindre. _________________
« BÊÊ, BÊÊ, MOUTON NOIRAs-tu de la laine pour moi ?Un sac pour vous mon Maîtr eUn sac pour votre femm e Et un dernier pour le garçon qui pleurait tout seu l... Et qui a su me capture r ... » |
|  | | Sayuki


   Age : 16 Inscrit le : 21 Avr 2008 Messages : 1194 Âme(s) soeur(s) : ~ L'amour est quelque chose de bien confus ~ Camp : ~ La lumière me guidera toujours ~
| Sujet: Re: Méandres de l'oubli [PV Sayuki] [Fini] Sam 19 Juil - 16:11 | |
| Elle du s’arracher à cette fontaine dorée – non sans regrets – lorsque Nell lui répondit, d’une voix faible, presque dans un murmure. Quelques mots suffirent pour traduire ses désirs. Oui, il était sûr de vouloir entendre cette histoire, et était prêt. Sayuki, elle, ne l’était pas tout à fait… elle était perturbée, peut-être trop pour pouvoir compter à la perfection cette histoire complexes. La présence de Nell, son odeur, son regard, tout en lui la perturbée. Elle avait l’impression de ne plus être totalement maîtresse de ses actes et de ses paroles. Il l’emprisonnait pour un temps, et ne la laisserai repartir que plus tard. Pour l’heure, elle était sa « prisonnière ». Elle marchait sur un fil fin et invisible, tel une funambule, ayant peur de tomber suite au moindre petit faux pas, stressant à l’idée de ne pas pouvoir finir son numéro, chavirant de droite à gauche quand la tension devenait trop élevée… Voilà la position dans laquelle se trouvait Sayuki. Pourtant, elle n’aurait su dire si elle était pressée de descendre du fil… Cela aurait été un soulagement, mais à la fois un regret. Elle voulait profiter au maximum des quelques heures qu’elle pouvait encore passer avec Nell. Cette situation était terrifiante, presque glaçante, mais Sayuki se sentait envoûtait, et elle ne voulait en aucun cas défaire cette envoutement. Il avait une emprise sur elle considérable, et l’elfe n’aurait jamais pensé qu’un « inconnu » puisse avoir un pareil effet sur sa personne.
« Inconnu », ce terme n’et peut-être pas tout à fait approprier. Nell n’en était plus vraiment un, il était doucement en train de passer la limite entre l’inconnu et la connaissance… C’était en quelques sortes une nouvelle rencontre qui pouvait très bien s’approfondir comme en rester là. Elle ne savait pas ce qu’elle aurait préféré. Elle désirait de tout on être explorer cette esprit sauvage, et pouvoir y dénicher les plus beaux trésors du monde, mais elle se l’interdisait. Cela était trop dangereux. Etrange que cette dangerosité la freine… Sayuki à toujours aimé les défis, et également se frotter au feu… C’est dans son tempérament, et on ne peut changer les gens dans un claquement de doigt. Néanmoins, elle sait que ca sera « mal »… Ceci peut la freiner. Elle aime les risques, mais déteste basculer de l’autre côté, celui dépourvue de toute lumière. Il y aurait Nell à la place, cette douce lumière dorés, dans laquelle on pouvait presque entrapercevoir les démons danser… Il était trop tentant pour elle. Cependant, elle n’était pas du genre à renoncer, à abandonner. L’elfe était prise dans un gros dilemme. Autre chose lui disait qu’elle n’aurait pas à choisir… Ce serait lui qui choisirait, et imposerait ses limites. Elle sentait que malgré leur désir, cette relation n’allait jamais s’approfondir… Le jeune homme freinera lui-même, étant peut-être plus raisonnable que l’elfe. Cela peinait d’avance Sayuki de savoir que bientôt ils seraient de nouveaux deux inconnu, ou de faibles connaissances… Il ne la reconnaîtra plus à leur possible prochaine rencontre. Elle ne l’aura pas oublié, tout simplement car elle n’oubli rien, tout reste ancré dans sa mémoire. Elle ne pourrait jamais parlé de lui en utilisant de terme « ami », et cela la chagriné, peut-être… Elle aurait souhaité au moins une fois avoir le plaisir de parler de lui en ces termes… Mais le visage du jeune homme lui disait que ca ne sera jamais le cas. Peut-être était-ce mieux ainsi ? Elle n’aurait plus à affronter le regard tentateur de Nell… Mais elle n’aurait plus le plaisir de nager dans cette source d’or. La vie est faîte de contradictions, il faut savoir les accepter.
Elle se rendit compte qu’elle avait encore fait attendre le jeune homme… Celui-ci s’attendait à écouter l’histoire de ses terres, et à la place il avait le malheur de voir l’elfe se replonger à nouveau dans ses pensées. Elle leva les yeux vers lui, croisa ses deux prunelles et un sourire se dessina sur ses lèvres. Elle espérait qu’il ne lui en veuille pas trop… Elle était bien pitoyable. Que pensait-il à ce moment là ? Elle aurait aimé le savoir, mais ce ravisa. Ce n’était pas une bonne idée de rouvrir ses yeux du cœur alors qu’elle s’apprêtait à compter une histoire… Les pensées de Nell risquaient d’encore plus la déstabiliser. Elle ouvrit la bouche pour s’apprêter à parler, et les mots coulèrent telle une douce rivière, de ce ton toujours aussi agréable.
« Bien. Je ne vais pas commencer à la création même de ces terres, car sinon je pourrais encore être là demain matin. Dit-elle en un sourire. C’est pourquoi je commencerai là où j’ai pris l’histoire en cours, quand je suis arrivée sur les terres du yin et du yang. C’était une contrée vaste et puissante, pleine de richesse. Elle était à l’époque gouvernée par deux reines, Kazuki, reine blanche, et Mitsuko, reine noire. Un équilibre régné plus au moins ces temps-ci. Je me souviens encore de mon arrivé ici, j’avais été éblouis par tant de diversité… Toutes ses nouvelles races s’imposaient à moi, je ne connaissais encore rien, et pourtant, j’avais l’impression que ce monde me tendait les bras… J’étais stupéfaite de voir un ange parler avec un garou, ou bien un démon discuter avec une ombre. Ces terres ont toujours été réputées pour cette diversité, ce mélange de race et l’équilibre régnant malgré ca. Néanmoins, cet équilibre illusoire ne pouvait durer… Il y avait toujours des semeurs de troubles qui venaient faire leur tour… A mon arrivée, une guerre venait de se finir, un être avait essayé de rassembler tous les cristaux pour créer un nouveau monde avec. Il n’est finalement pas arrivé à son but. Les cristaux d’ailleurs, je suis confuse, je ne les ai pas encore mentionné, j’aurais du commencer par ceci… C’est une des raisons qui amène tant de monde sur ces terres. Juste après la création de ce monde, Dieu à constaté que à chaque bataille, la plus part des cadavres étaient des humains… Vexé, il à donc fait cadeau à un homme d’un cristal d’une immense puissance, convoité de beaucoup, et rivalisant avec les pouvoirs de Dieu lui-même. Les reines s’allièrent, et lancèrent leurs armées sur cet homme, qui ne reçut aucune aide, et perdit. Dieu pu tout de même empêcher le pire en faisant exploser le cristal en deux dizaines de morceaux. Cela provoqua un immense massacre, mais je ne m’étalerai pas la dessus. Les différents morceaux de cristal furent donc dispersés aux quatre coins de ces terres, et nombreux sont ceux qui les convoitent. Il en reste encore aujourd’hui. Certains continue à les chercher désespérément. »
Sayuki marqua une pose, analysant la réaction de son seul et unique public : Nell. Elle voulait à tout prix savoir ce qui circulait dans son esprit à ce moment même, et elle rouvrit donc ses yeux du cœur. Elle voulait connaître son réel point de vue par rapport aux cristaux. Lui aussi allait-il se lancer à leur recherche ? Etait-il venu dans ce but également ? Elle ne connaissait rien de son histoire… En adoptant le même ton de voix, l’elfe reprit :
« Revenons où j’en étais. Je suis donc arrivée à la fin de cette guerre ravageuse. Après celle-ci, les terres et ses habitants s’en remettaient peu à peu. Les deux reines étaient toujours là, veillant sur le monde. Seulement, à nouveau, cette paix ne dura pas longtemps. Une entité des ténèbres, venue des méandres du néant, fit son apparition. Darkness rassembla une petite armée, et avec ses séides, répandit une maladie infecte. J’ai moi-même était touché par cette maladie, je peux en témoigner. Celle-ci à donc affaibli beaucoup de personnes qui auraient pu être utile à la riposte. Cependant, il n’alla pas jusqu’au bout, car il fut repoussé par un elfe nommé Akira. Une fois de plus, les habitants eurent à peine le temps de se remettre des dégâts causés et celui-ci réapparut, quelques mois après, mais avec une armée beaucoup plus puissante cette fois ci. De nombreuses guerres firent rage sur ces terres et Darkness et son armée finirent pas l’emporter, plongeant yin et yang dans les ténèbres. Pour ne pas avoir à affronter Dieu, Darkness emprisonna son esprit dans un cristal, appelé l’exilé, qui se divisa en quatre morceaux, tous envoyé à des endroits particulier de la contrée. Tout comme le cristal maître, beaucoup les recherches. Dieu jugea bon de doter les grandes races de ces terres de façon à lutter. Il créa de nouveau cristaux identique à l’exilé, mais contenant d’autres pouvoirs, mais ne prit pas le temps de protéger les cristaux. C’est pourquoi ils explosèrent tous en quatre morceaux quand il les remit aux différentes races, et s’éparpillèrent. »
Elle marqua une nouvelle pause, voulant prendre le temps de sonder les pensées du jeune homme. Convoitait-il l’exilé ? A des fins personnelles ? Etait-il attiré par cette source de pouvoir maléfique ? Avait-il un cœur réellement pur au fond ? L’elfe se rendait compte qu’elle ne connaissait rien de lui, et pendant un quart de seconde, cela l’effraie. Néanmoins, elle tacha de se ré-concentrer sur l’histoire. Elle reprit :
« Tous ces évènements ne furent pas sans conséquences. Tout d’abord, Kazuki la reine blanche, infectée par la peste mourut juste après avoir passé le pouvoir à Akari Mitsuko, ancienne chef des elfes. Mitsuko, la reine noire, était enceinte et son accouchement se déclencha en même temps que la mort de sa sœur. Son enfant, Mitsuko deuxième du nom, était encore plus machiavélique que sa mère, et la tua juste avant de la dévorer pour récupérer son pouvoir. Celle-ci fut vite in intéressé par ses fonctions et passa le pouvoir à Alicia, bras droit de Darkness. Dieu craignait pour l’avenir de Yin et Yang car tout opposait les deux nouvelles reines. Il descendue contre sur terre pendant un bref instant, guida Kalexa, reine des garous jusqu'à son nouveau palais, et la nomma impératrice lunaire, ce qui était l’entre deux des deux reines, et qui lui conférait autant de pouvoir. Dieu repartit au paradis croyant que tout allait bien se passer à présent… Il se trompait. Le passage de Darkness avait laissé des traces, et les terres étaient ancrées de noirceur. Alicia disparut en entraînant Kalexa, et Akari se retrouvait ainsi seule à gouverner. La suite, vous en avez peut-être entendue parler. Tout s’enchaina. Les éléments se déchainèrent, criant enfin leur souffrance contenue depuis tant d’année. Certains interprètes ca comme une vengeance de la nature, après tout ce qu’on à pu lui faire subir. Après, on croit ce qu’on veut… Ce fut une suite de tempêtes, tornades, éruption du volcan, et pour finir, tsunami. Beaucoup périrent et les terres du yin et du yang furent à moitié détruites, ne laissant seulement que cette île, avec d’autres autours. Cela à un des effets positifs, ca a permis de faire le nettoyage en quelques sortes de toute noirceur… Pendant ce temps, Akari avait peu à peu sombré dans la folie, jusqu'à qu’on entende plus parler d’elle… Elle est aujourd’hui disparue, mais certains disent qu’elle est revenue comme ombre de lumière. Les anciennes terres du yin et du yang étaient donc laissé à l’abandon, sans personne sur le trône, dépourvue de tout équilibre. Dieu daigna enfin se pencher de plus près sur cette histoire. Il descendit de nouveau sur Terre, réunis les morceaux des pierres qu’il avait créé, et donna les six à six nouvelles reines, qui avaient toutes beaucoup fait pour yin et yang. Il rebaptisa également cette île Cassilmena, et confia aux six nouvelles reines la mission de reconstruire ces terres et de leur redonner leurs ancienne grandeur. »
L’elfe se tu et regarda Nell. Elle avait fait aussi brève qu’elle lavait pu, pour ne pas l’ennuyer avec des détails sûrement insignifiants à ses yeux. Elle n’avait d’ailleurs pas nommé les six nouvelles reines… Tout simplement parce qu’elle faisait partie du lot, et que Nell n’avait sûrement même pas l’ombre d’un doute… Après tout, comment pourrait-il le savoir ? Elle le lui dirait uniquement s’il posait la question. Elle ne voulait pas se jeter des fleurs en énonçant son nom à la tête de l’île. Elle espérait avoir était assez clair et qu’il est bien compris. Elle était dans tous les cas ouverte à toutes questions. _________________
- Absente du 03/08 au 26/08 - |
|  | | Nell ~ Apprenti Méthamorphe ~


   Age : 16 Inscrit le : 24 Juin 2008 Messages : 199 Âme(s) soeur(s) : Inutile, je me suffis à moi-même Camp : . . .
| Sujet: Re: Méandres de l'oubli [PV Sayuki] [Fini] Mar 22 Juil - 10:19 | |
| « Le souvenir du bonheur n'est plus du bonheur ; le souvenir de la douleur est de la douleur encore. »
[George Gordon, Lord Byron] Extrait de Marino Falieri
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« Il était une fois. » C’est bien ainsi que toutes les histoires commencent n’est-ce pas ? Ces histoires où la merveilleuse princesse se fait piéger par la méchante sorcière qui, le plus souvent, se trouve n’être que son horrible belle-mère ? À la fin, la gentille et adorable princesse, trouve son beau et droit prince charmant. « Et ils vécurent heureux pour toujours. »
C’est ça, votre conception de la vie ?
Aha, laissez-moi rire je vous prie. Vos rêves stupides et votre idée que vous vous faites du présent sont tellement bêtes qu’ils en deviennent risibles. Vous devriez avoir honte ! Oui, vous. Les poètes, la tête constamment dans les étoiles, à débiter des paroles dont le sens vous échappe. Bien que tout ceci soit joli, avouez que vous n’y comprenez strictement rien parce que vous être incapable de croire en ce que vous êtes en train d’écrire sur votre feuille de papier. Et vous, les chanteurs, les peintres, les sculpteurs, vous tous, les artistes qui croient pouvoir nous transporter dans un autre monde, ne croyez-vous pas qu’il serait grand temps de redescendre sur Terre ? Mais c’est tellement plus dur, tellement plus horrible d’affronter la réalité. Vous avez peur des bêtes et des ombres qui rôdent dans la nuit. Votre lâcheté me dégoûte. La Vierge Marie pouvait-elle réellement aimer son enfant en sachant que celui-ci lui avait été donné par Dieu ? Elle aimait Dieu, certes, mais elle ne l’aimait pas comme elle aimait Joseph. Ouvrez les yeux, bande d’ahuris incapables ! Pouvait-elle sincèrement considérer Jésus comme son propre fils ? Portait-elle à son enfant l’amour que lui désirait ? Menteurs ! Menteurs ! Le monde n’est pas aussi beau, la vie n’est pas aussi simple… Tout est compliqué. Et vous, vous espérez seulement y apporter un peu d’ordre, mais la vie n’en a pas besoin. Vous tentez en vain de lui faire appliquer le rangement que vous voulez lui donner. Vous n’êtes pas ses maîtres. Laissez les tragédies, laissez les romances, laissez les guerres, laissez-les là où elles sont sans y toucher. Vous ne relatez pas les faits exacts alors laissez-les.
Il l’écouta sans l’interrompre, buvant ses paroles et savourant le ton de sa voix. Il aimait l’entendre parler, il aimait se plonger dans ces beaux yeux verts, il aimait regarder ses longs cheveux noirs, s’imaginant sans cesse passant ses doigts dedans. Ils étaient doux. Il n’y avait aucun doute là-dessus, ce n’était pas cette idée qui ferait l’objet d’une profonde contradiction. Il aurait voulu qu’elle reste avec lui pour toujours pour qu’il n’ait jamais à l’oublier, mais il savait que cette pensée était égoïste. On n’enferme pas la blanche colombe dans une forteresse. Elle devait voler pour l’éternité et lui, misérable corbeau, se contenterait de la suivre du regard, se mêlant de temps à autre à son sillage pour s’enivrer de son chant mélodieux. Cependant, il comprenait qu’il n’avait pas à seulement l’écouter parler. Il devait également se concentrer sur chacun de ses mots pour se faire une idée de ce qui avait mené l’île de Cassilmena à un état aussi délabré. Il lui était, néanmoins, difficile de ne pas laisser aller son esprit à d’étranges rêveries, mais il parvint à le maintenir ancré sur la Terre tandis que Sayuki lui relatait les guerres qui s’étaient succédées et qui avait, finalement, mené à la destruction de leur monde. Ce qu’il croyait être un havre de paix n’était en fait qu’une façade. Le voile était tombé. Cassilmena n’était pas l’endroit où les races se côtoyaient en vivant en parfaite harmonie. L’île avait fait l’objet de luttes où le dénouement avait été, la plupart du temps, grâce au sacrifice d’êtres chers. Il se doutait que la jeune femme ne parlait que de ceux qui avaient joué les rôles principaux, mais il commençait doucement à imaginer les nombreux rôles secondaires qui avaient péri, ne laissant d’eux qu’un bref souvenir dans la mémoire des gens qui avaient eu la chance de les connaître.
L’arrivée de Sayuki s’était déroulée exactement la sienne. Elle avait été stupéfaite de ce mélange de races. Chez Nell, c’était ce trait incroyable de cette contrée qui l’avait irrémédiablement attiré. Il voulait le voir de ses propres yeux. Il voulait assister à ce miracle et en faire parti et il sentait que ce vœu se réalisait. Il se retrouvait à discuter bien sagement avec une elfe, chose qu’il n’aurait probablement jamais faite s’il était resté enfermé dans ce manoir miteux qui lui avait, jusqu’à présent, servi de maison. Néanmoins, contrairement à lui, une guerre venait de s’achever lorsqu’elle avait débarqué sur les terres du yin et du yang, ancien nom de l’île sur laquelle il se trouvait. Gouvernées par Kazuki et Mitsuko, qu’il ne connaissait pas, ces terres étaient, d’après la jeune femme, vastes et puissantes. C’est alors qu’elle s’interrompit pour mentionner l’existence d’un cristal qui avait été remis aux humains et dont les morceaux étaient, à présent, éparpillés à travers le monde. Au lieu de convoiter avidement ces fragments de cristal, il ne pensa à eux que comme un sujet de distraction. Il serait, en effet, certainement amusant de se mettre à la recherche de l’un de ces morceaux. Sûrement que le périple serait long, mais, au moins, il n’aurait pas le temps de s’ennuyer. Monstres, combats, et découverte de nouveaux lieux étaient les seuls mots qui jaillissaient dans son esprit à l’évocation des morceaux du cristal. Il oublia bien vite leur existence pour se concentrer sur la suite de l’histoire qui le passionnait. Elle n’était pas joyeuse, mais elle reflétait bien la réalité et Nell apprécia le fait que ces terres n’étaient pas simplement un endroit où tout le monde était gentil avec l’autre, comme il l’avait naïvement cru au départ. Il était peut-être cruel de penser que c’était mieux ainsi, mais c’était son cas. Pour lui, un lieu sans souvenirs était un lieu sans vie.
Sayuki continua de narrer les aventures de ces terres qui l’intéressaient de plus en plus. Après une paix passagère, un nouvel être était apparu, répondant au nom de Darkness, qui réussit à rassembler une armée dans l’espoir de contaminer les habitants d’une nouvelle maladie. Il fut triste d’apprendre que la jeune femme avait été infectée, mais heureux de savoir que l’être avait été repoussé par un elfe. Lentement, il se plongeait dans l’histoire, se laissant couler dans les souvenirs qu’évoquaient Sayuki, étant tantôt content, tantôt maussade suivant les différents évènements qu’elle relatait. Autant dire qu’à cet instant précis, Nell ressemblait plus à un gamin fasciné par cette histoire qu’à un jeune homme. Il fit de son mieux pour paraître plus adulte, mais rien n’y fit. Il ne pu s’empêcher de sursauter quand elle raconta que Darkness était revenu, réussissant sa périlleuse entreprise et dévorant les terres du yin et du yang et fut outré de la poltronnerie dont avait fait preuve ce même être en enfermant son esprit dans un cristal pour éviter d’avoir à affronter Dieu. Sa curiosité et sa soif d’aventure s’éveillèrent de nouveau lorsqu’elle parla d’autres cristaux qui avaient également explosé et dont les morceaux s’étaient dispersés à leur tour.
Et enfin… Elle en vint au pire moment, celui que chaque lecteur redoute dans une histoire : les conséquences. Parce qu’il y en avait toujours. Rien ne pouvait se passer sans que les horreurs qui avaient construit les paysages de Cassilmena ne se soient faites au prix de nombreux morts. Il se rendit compte qu’il n’aurait jamais le plaisir de rencontrer Kazuki qui avait péri de la peste, ni Mitsuko que son enfant avait froidement assassinée pour lui usurper ses pouvoirs et prendre sa place. Cependant, la fillette ne s’était pas intéressée à la place qu’occupait sa mère et l’avait cédée au profit d’Alicia, bras droit de Darkness, tandis que l’ancienne chef des elfes, Akari Mitsuko, montait également sur le trône, à la place de Kazuki. Dieu dû à nouveau intervenir sur le devenir de ces terres que rien n’avait gâtées et montra le chemin à Kalexa pour que celle-ci face régner un certain équilibre entre les deux reines, mais cela ne dura pas. Deux des reines disparurent, laissant la dernière seule pour diriger les terres du yin et du yang et Nell n’osa pas imaginer la tâche que cela représentait : il y avait de quoi en devenir fou. La destruction frappa alors la contrée, fait dont on lui avait parlé à l’auberge où il s’était trouvée avant d’arrêter son choix sur Cassilmena. Le résultat avait dû être riche en morts et en disparitions. Ce qu’il avait supposé s’était produit, Akari Mitsuko avait laissé la démence l’emporter pour disparaître à son tour. Dieu se mit alors à la tâche et entreprit de réunir les morceaux de cristal pour les donner à six nouvelles reines dont Sayuki n’évoqua pas le nom. Elle se tu alors, laissant Nell plongé dans ses réflexions.
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